SANS DISCIPLINE

open dramaturgy

accompagnement de projets cirques & arts vivants



Très vite déjà pendant mes études de sciences théâtrales, je me suis posée la question de l'ouverture vers l'extérieur. Les gens hors des théâtres, la vie, l'impact de l'art théâtral sur le reste du monde...
.
J'ai commencé à chercher. J'adorais le théâtre, les enjeux qu'il défend, la sensibilités des formes et l'intelligence des propos. Surtout dans les formes de création collective et/ ou la danse. Ce qui m'a toujours attiré, ce sont les questions d'espace intérieur et extérieur et d'ouvertures formelles, j'ai cherché des formes ouvertes et ludiques. Des déplacements de codes et mélanges de limites. Etienne Souriau parle d'espace sphérique et cubique. Je me retrouve du côté des intuitifs, de la recherche globale. Je voulais encore plus de recherches, de libertés spatiales et temporelles. RIRE  - OSER - être touchée. Répondre à cette envie d’espace extérieur, d’un autre rapport au public est devenu une priorité. Quelque part entre la sociologie, l'ethnologie... J'ai lu, rencontré des spécialistes.

A l’ESAC (l'école supérieure des arts du cirques de Bruxelles), l’espace de quelques mois, en tant que directrice artistique et coordinatrice de projets, je suis entrée dans une dimension artistique du tout est possible mais ou tout est également pensé et cadré. On parle de risque physique. J'étais impressionnée bien-sûr par les performances mais aussi par l'état d'esprit et l'ouverture des praticiens.  J'ai intégré une famille de pensée et de modes de vie. Ici, il y a de la débrouille, de la créativité, souvent un positionnement politique.

Et puis il y avait aussi une timidité sur les risques intellectuels? les pages blanches? de la technique pourquoi?  Ecrire? Comment? J’ai intégré cet espace vide dans le processus créatif des circassiens, aidé à formuler les idées et les intentions, donné confiance et éclairci les propos. Cherché avec, creusé, éveillé la curiosité. Je suis devenue accompagnatrice de projets.
Après L'ESAC, j'ai suivi une formation de mise en place de projets culturels (BAGIC), ce qui ma donné une idée relativement claire des politiques culturelles et du paysage artistique en communauté française.

Puis, toujours dans cette lignée de questionnement du processus d'écriture, j'ai travaillé quelques années à Latitude 50° à Marchin. Là, j'ai participé à de nombreuses séances de réflexion sur le thème de l'écriture. Il me manquait néanmoins une dimension de recherche créative. Les choses étaient installées, j’avais besoin de changement, de me confronter à plus de réalité sur le terrain du vivant.

J'ai monté mon propre projet qui pouvait sous forme d'expériences, continuer de questionner l'importance de la durée et de la considération des temps et des lieux donnés lors d'une représentation artistique ou culturelle. Ce projet intitulé "Lacaravane.be" m'a permis de continuer à travailler avec des compagnies de cirque tout en étant à un autre endroit dans la rencontre avec le public. ... ça a duré 3 ans. J’expérimentais aussi le principe d’efficacité, la disponibilité et la spontanéité dans la mise en place d’un événement. Dans les festivals, les maisons de quartiers, les événements culturels, on a fabriqué des possibles. Avec des animateurs culturels, des gens ordinaires, des artistes et des spécialistes de différents domaines, des écrivains aussi.

Depuis septembre 2014, j'ai recommencé à accompagner des projets personnels en tant que « dramaturge ».
.
Mes thématiques ou angles de recherches sont donc d'une part, le rapport au public et à l'espace urbain (petite réflexion sociologique sur les démarches culturelles et artistiques en général).
Et d'autre part, l' accompagnement dramaturgique, sur le sens, les intentions et la particularité d'un projet. Les deux approches se nourrissent l'une l'autre. Mon intérêt va vers tout ce qui fait sens, ce qui innove dans le rapport au public et qui s'intègre dans un projet global provocateur de changements. Des façons de faire proche des gens qui passent. De la générosité et des échanges ludiques prennent forme.